Explosion

Je sais, je devrais pas te demander comment tu vas. (C’est pas recommandé selon les consignes). Mais je le fais quand même. C’est une forme de protestation contre ton apathie. C’est l’expression de ma colère, et mon arrogance de savoir mieux faire, de savoir ressentir mes sentiments. C’est aussi mon dégout pour cette absence de vie. Bien, tu réponds. Ta voix est sèche, évidée d’émotions. Tes mots sont vides comme ta voix. Vie, ça crie en moi. Le cri est lourd et fort, mais tant qu’on téléphone il reste un cri encadré par un corps qui se contrôle. Cependant, je ressens que ton vide s’impose sur moi, si je me protège pas. Il me prive de ma propre vivacité. 

Quand on décroche j’explose de rage, de haine. Je me mets à frapper mon lit. Mes coups ne s’arrêtent pas. J’ai envie de libérer cette violence. Elle sort de moi et n’y cesse pas. Je souffle. Il y a ce cri de tout à l’heure. En mots le cri désigne pourquoi. En frappant je me rends compte que je connais la réponse. Que j’ai accompagné ton vide depuis des années. Je continue à frapper. Je ne pense plus aux règles sociales, aux murs fins de ma chambre. Juste les coups, et mon souffle. Ça fait du bien. Voilà, ta question, si je me réjouis aussi des vacances qu’on passera ensemble. Ma réticence. Non je ne me réjouis pas. Cette partie en moi qui te hais, elle ne pourrait se réjouir.

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